La pharmacie

"Le patient est notre priorité"

Durant ce mois d’octobre „rose“, nous vous présentons les différentes équipes CHEM qui soutiennent et accompagnent nos patientes atteintes d'un cancer du sein à tous les stades de leur maladie. Aujourd'hui, la pharmacienne Marie-Laure Conrad explique le rôle important de la pharmacie dans le traitement du cancer du sein.

Les traitements en chimiothérapie sont préparés individuellement et adaptés précisément à chaque patient. Comment est-ce que les traitements sont préparés ?  

Marie-Laure Conrad : « A l’arrivée du patient, il est accueilli, pesé et une prise de sang est réalisée. Après a lieu la consultation avec le médecin, qui adapte et détermine le traitement en fonction de chaque patient. Dès que le médecin valide le médicament, il s’ensuit une deuxième validation par le pharmacie. Une fois le feu vert donné par les deux parties, la production se met en route. La commande arrive en ligne de préparation et une préparatrice spécialement formée commence la préparation. 
Chaque traitement est préparé à l’instant et les dosages sont adaptés au patient. Nous avons mis en place un logiciel informatisé avec une interface avec la balance de pesée, le laboratoire, les analyses du patient, le traitement prescrit et les médicaments. Il nous a fallu 6 mois pour paramétrer et créer toutes les modalités. Ainsi nous sommes beaucoup plus réactifs et nous n’avons plus besoin d’aller-retour avec les médecins et les infirmières.

Nous sommes en permanence à l’écoute de nos oncologues. Il faut savoir que la chimiothérapie évolue très vite. Nous avons environ 460 traitements médicamenteux en référence dans le logiciel pour tous les sortes de cancer. Des nouveaux médicaments arrivent tous les mois. Le Luxembourg est très réactif, nous pouvons utiliser un nouveau médicament dans le respect de son indication dès que le médicament dispose d’un agrément européen.»

Les médicaments utilisés dans le cadre de la chimiothérapie sont préparés dans la « salle blanche ». Qu’est-ce que la salle blanche ?

Marie-Laure Conrad :  « Nous sommes le seul hôpital avec une salle blanche complétement opérationnelle : la salle blanche est une zone d’activité  en surpression, sans particules et sans microbes. Une zone fermée avec des sas d'entrée et de sortie. Nous visons une maîtrise parfaite de l’environnement. La salle blanche est organisée en plusieurs parties avec des fonctions et un habillage différents : zone de préparation avec hotte, zone de stockage, sas d'entrée du personnel . Les médicaments sont préparés par une préparatrice et une aide-préparatrice sous une hotte avec un flux d'air filtré. Il faut s’imaginer que chaque geste, même le plus petit, est planifié et prévu. C’est un travail de forte concentration, toutes les étapes de préparation sont validées par une pesée et sont enregistrées par le logiciel : c'est la traçabilité. Toutes les deux heures nos préparatrices font une pause.
En cas d’urgence, nous pouvons préparer des médicaments même durant la nuit grâce à des kit d’urgence préparés avec un système clos et sécurisé.»

Quelles mesures de précaution sont appliquées ? 

Marie-Laure Conrad :  « Le patient est notre priorité et nous veillons à garder le délai d’attente au minimum. Le service de chimiothérapie ambulatoire accueille jusqu'à 100 patients par jour et nous préparons 50 à 80 préparations par jour. Nous appliquons des mesures de précaution très strictes, pour protéger la préparation destiné au patient, mais également notre personnel et l'environnement. Nous réalisons des contrôles quotidiens de la qualité de l'air.
Il s’agit de produits toxiques, tout est prévu, planifié et contrôlé pour limiter le risque d'erreur. Nous sommes comme une mini-industrie. Lors de la préparation, chaque pesée valide l’étape suivante. Le système se bloque dès qu’une pesée ne correspond pas. Nous devons pouvoir donner une garantie à 100%, et tout est mis en œuvre pour.»